Comment le modèle DISC aide à mieux communiquer avec vos équipes projet, sponsors, métiers et prestataires.
Comme moi, vous avez déjà vécu ça : même réunion, même message… et pourtant trois réactions différentes.
- Le sponsor s’impatiente : « On perd du temps, qu’est-ce qu’on décide ? »
- Le métier s’inquiète : « Vous vous rendez compte de l’impact sur les équipes ? »
- Le prestataire demande : « Il va nous falloir des spécifications plus précises… »
Vous n’avez pas changé votre discours, mais chacun a entendu autre chose.
C’est normal : nous ne filtrons pas l’information de la même manière.
Pour un chef de projet, ce décalage peut faire la différence entre un projet sous tension permanente et un projet fluide, où l’on se comprend vraiment.
C’est là que le modèle DISC devient un allié précieux : non pas pour mettre les gens dans des cases, mais pour adapter sa communication aux différentes personnalités du projet.
La communication, un vrai levier de pilotage
On forme encore beaucoup les chefs de projet aux méthodes, aux outils, aux plannings.
Tout cela est indispensable.
Mais sur le terrain, les projets dérapent rarement uniquement à cause d’un mauvais Gantt ou d’un bug technique.
Ils dérapent :
- parce que le sponsor n’a pas compris la réalité du risque,
- parce que les métiers se sentent mis devant le fait accompli,
- parce que les prestataires pensent qu’on change d’avis toutes les semaines,
- parce que l’équipe projet se fatigue des tensions et des non-dits.
Le chef de projet n’est plus seulement un gestionnaire de tâches : il est l’orchestrateur de relations entre des acteurs aux attentes, aux peurs et aux modes de fonctionnement très différents.
Le DISC en 2 minutes : 4 façons de voir le projet
La méthode DISC est un outil incontournable dans le domaine de l’analyse comportementale, utilisé pour mieux comprendre les interactions humaines et améliorer les relations interpersonnelles.
Popularisée dans le milieu professionnel, cette méthode d’analyse comportementale permet de décoder les personnalités, d’adapter sa communication et d’optimiser le travail d’équipe.
Développée par le psychologue William Moulton Marston dans les années 1920, elle offre une grille de lecture simple mais efficace pour comprendre les dynamiques humaines.

Le modèle DISC décrit quatre grandes tendances comportementales, que l’on retrouve dans toutes les organisations :
- D – Dominant : orienté résultats, décide vite, aime les challenges, va droit au but.
- I – Influent : sociable, enthousiaste, aime échanger, motiver, créer de la dynamique.
- S – Stable : posé, loyal, recherche la sécurité, n’aime pas les changements brutaux.
- C – Consciencieux : analytique, précis, aime les données fiables, les process, la qualité.
Nous sommes tous un mélange de ces dimensions, avec un ou deux styles dominants.
Le DISC ne sert pas à coller une étiquette sur les personnes, mais à se demander ce qui est important pour cette personne et quel type de message va la rassurer… ou la braquer.
Pour un chef de projet, c’est une grille de lecture simple et immédiatement opérationnelle.
Comment adapter sa communication selon les parties prenantes ?
Voici quelques repères concernant les sponsors, les métiers ou les prestataires, pour préparer sa communication et anticiper les attentes dominantes des interlocuteurs.
1) Avec les sponsors : aller à l’essentiel… mais pas de la même manière
Les sponsors sont très sollicités et disposent de peu de temps. Là encore, tous ne fonctionnent pas pareil.
Un sponsor à dominante D veut comprendre rapidement où on en est, décider, arbitrer, savoir ce qui bloque et ce que vous proposez.
Avec lui, votre message doit être court, orienté résultats et décisions, centré sur l’impact business plutôt que sur les détails techniques.
Un sponsor à dominante C sera plus sensible à la fiabilité des données, à la clarté de l’analyse des risques, à la cohérence des scénarios.
Avec lui, vous gagnez en envoyant en amont un support structuré, avec des chiffres, des hypothèses, des impacts mesurés.
La réunion sert alors à valider, questionner, ajuster plutôt qu’à découvrir.
Même projet, même situation… mais deux manières très différentes de préparer votre comité de pilotage.
2) Avec les métiers : gérer peurs, résistances et adhésion
Les métiers parlent de charge de travail, de risque opérationnel, de confort au quotidien.
- Un interlocuteur S va se demander : « Est-ce que ça va bousculer mon équipe ? Est-ce qu’on sera accompagnés ? ». Votre communication doit :
- rassurer sur le rythme du changement,
- expliciter les étapes, la formation, le support,
- montrer qu’il ne sera pas lâché dans l’inconnu.
- Un interlocuteur I sera surtout motivé par la dynamique du projet et son rôle dans l’histoire. Il sera pertinent :
- de le faire intervenir comme relai ou ambassadeur,
- de le mobiliser dans les ateliers,
- de lui confier un rôle visible dans la communication interne.
Vous parlez du même projet, mais pas de la même manière.
3) Avec les prestataires : clarifier les attentes et le cadre
Côté prestataires, on rencontre très souvent des profils C : chefs de projet techniques, architectes, consultants fonctionnels.
Ils ont besoin de spécifications claires, de périmètre défini, de critères d’acceptation précis, de décisions tracées.
Avec eux, la communication efficace passe par des comptes rendus structurés, des décisions formalisées, des changements de périmètre documentés.
Le directeur de mission ou le responsable de compte côté prestataire peut être plus D : il veut savoir si le projet est "on track".
Il attend que vous tranchiez, il souhaite parler priorités, pas détails.
Vos points de synchronisation avec lui seront plus courts, orientés arbitrages, engagements, risques globaux.
Les trois moments clés du projet où le DISC fait la différence
Trois moments sont particulièrement sensibles : le kick-off, la crise projet et le go-live.
- Un bon kick-off parle à tous les profils :
- aux D et I, la vision, les enjeux et les objectifs.
- aux S, l’organisation et le soutien.
- aux C, la gouvernance, les risques et les indicateurs.
- En situation de crise (retard, bug, surcoût) :
- le D veut un plan d’action,
- le S de la visibilité et du soutien,
- le C une analyse solide,
- le I une communication claire et mobilisatrice.
Un message adapté à chacun permet de traverser la crise sans casser la confiance.
- Au go-live enfin, vous pouvez :
- insister sur les résultats avec les D,
- célébrer avec les I,
- rassurer sur le support avec les S,
- fournir des modes opératoires et des procédures détaillées aux C.
Le contenu reste le même, mais le langage change.

Et vous, chef de projet : quel est votre profil ?
On parle souvent des autres… mais le point de départ, c’est vous.
- Si vous êtes très D, vous risquez d’être perçu comme pressé, voire brutal. Vous pouvez gagner à ralentir, à écouter davantage, à expliciter vos intentions.
- Si vous êtes très C, vous pouvez être vu comme trop prudent, trop dans le détail, pas assez “décideur”. Travailler votre capacité à simplifier et à trancher sera clé.
- Si vous êtes très I, on appréciera votre énergie, mais on pourra douter de votre fiabilité si les suivis ne sont pas au rendez-vous. Structurer davantage vos engagements renforce votre crédibilité.
- Si vous êtes très S, vous créerez un climat de confiance, mais vous pouvez éviter les conflits et retarder certains arbitrages difficiles.
Prendre conscience de son propre profil DISC, c’est comprendre ses forces et ses angles morts.
C’est élargir sa palette, pour ne plus réagir toujours de la même façon, quel que soit l’interlocuteur.
Comment appliquer le DISC dans vos projets : Cas pratique
Au-delà de la théorie, le véritable bénéfice du DISC se révèle quand il est appliqué concrètement à votre contexte de projet.
Avec plus de 25 ans d’expérience en coaching et transformation, j’accompagne les organisations grâce au DISC, au service des chefs de projet et de leurs parties prenantes.
Pour en montrer concrètement l’apport, prenons une situation de terrain :
Comment désamorcer une tension sponsor / métiers grâce au DISC dans un programme de transformation ?
- Un chef de projet que j’accompagnais faisait face à des comités de pilotage tendus.
- Le sponsor, très D, exigeait des décisions rapides et considérait que “les métiers freinaient le projet”.
- Les représentants métiers, plutôt S, se sentaient bousculés et peu écoutés sur les impacts terrain.
Nous avons d’abord clarifié les profils DISC du sponsor et de deux relais métiers.
L’objectif n’était pas d’étiqueter les personnes, mais de comprendre leurs attentes implicites en situation de décision.
Le chef de projet a ensuite préparé son SteerCo (comité de pilotage) en adaptant sa communication :
Message court et orienté décisions pour le sponsor, mais avec un temps cadré dédié aux risques terrain, préparé en amont avec les métiers.
Ceux-ci sont arrivés avec deux messages simples :
- Leurs principaux points de vigilance,
- et leurs conditions de réussite.
Résultat :
- Un comité plus apaisé,
- Un sponsor qui se sent écouté tout en gardant le cap,
- Des métiers reconnus dans leurs contraintes,
- Un plan d’action co-construit plutôt qu’un rapport de force permanent.
Le contenu n’avait pas changé, mais la manière de le porter !
Conclusion
Dans un contexte où les méthodes projet se ressemblent, ce qui fait la différence, ce n’est plus seulement la maîtrise des outils.
C’est la capacité du chef de projet à parler le langage de chacun : sponsor, métiers, prestataires, équipe.
Le modèle DISC offre une boussole simple pour comprendre les besoins de chaque partie prenante, adapter sa communication, réduire les tensions, accélérer les décisions, renforcer la confiance.
Un projet, ce sont des plannings et des budgets, mais c’est surtout une aventure humaine. Et cette aventure devient beaucoup plus fluide quand on cesse de parler à tout le monde de la même façon.
J’accompagne régulièrement des chefs de projet, directeurs de programmes et leurs équipes avec le DISC pour renforcer leur impact relationnel dans les projets de transformation.
Pour en savoir plus ou échanger sur un besoin spécifique, vous pouvez me contacter.






