L’indispensable planification de votre projet : la technique PERT

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Nous avons vu les concepts de base de la planification de projet, il est temps de découvrir les techniques.

Nous allons en particulier nous attarder aujourd’hui sur la technique PERT ou méthode PERT pour Program Evaluation and Review Technic, une technique d’origine américaine d’ordonnancement et de contrôle des programmes.

La méthode PERT fait partie des outils importants du planificateur de projets.

Le contexte historique de la mise au point de la méthode PERT

La méthode PERT a été à l’origine une méthode crée par la marine américaine dans les années 50 au XXème siècle pour gagner du temps dans le projet stratégique dénommé Polaris de fabrication de missiles à ogive nucléaire et de fusées. L’idée à l’époque était de rattraper son retard sur l’URSS dans un contexte de guerre froide. La méthode PERT a permis de gagner plusieurs années de travail et de fédérer/coordonner 250 fournisseurs principaux et plusieurs milliers de sous-traitants dans des délais drastiques imposés par le gouvernement américain.

Résultat : l’efficacité de la méthode PERT a été éprouvée par le projet Polaris.

La méthode PERT s’est ensuite étendue à toute l’industrie américaine puis a inspiré l’industrie occidentale, en particulier est arrivée en France.

En quoi consiste la méthode PERT?

Le PERT peut se définir comme une méthode consistant à ordonnancer sous forme de réseau un ensemble de tâches qui grâce à leur dépendance et à leur chronologie concourent à l’atteinte d’un objectif. Autrement dit, pour traduire la logique d’exécution d’un projet, la méthode PERT consiste à représenter sous forme de réseau des étapes reliées par des tâches en exprimant toutes les relations ou contraintes existant entre ces tâches.

Pour planifier son projet, nous avons vu dans l’article sur les concepts de la planification de projet qu’il était important de lister les tâches qui sont autant d’étapes à franchir pour atteindre l’objectif de notre projet et d’ordonnancer ces tâches. Il est important aussi d’établir les dépendances entre ces tâches. Autrement dit, par exemple dans un projet de mise en place d’un nouveau logiciel dans une entreprise, je ne peux pas faire des tests sur le logiciel tant que le logiciel n’a pas été installé sur mon poste de travail. Donc la tâche “test des utilisateurs” est dépendante de la tâche “installation du logiciel sur le poste des personnes qui doivent faire les tests”. Parfois, l’exécution de plusieurs tâches est nécessaire pour passer réaliser une autre tâche précise.

La représentation graphique PERT et les relations de dépendance dans le réseau PERT

PERT représente graphiquement les étapes du projet par des cercles et les tâches pour atteindre ces étapes par des flèches. Si vous vous souvenez de vos cours de mathématiques, on parlera plutôt de vecteur que de flèche. Le début de la tâche est donc exprimé par l’extrémité de la flèche à gauche et la fin de la tâche par l’extrémité de la flèche à droite.

Dans les cas où les projets sont très complexes et impliquent de nombreuses étapes et tâches, les flèches sont remplacées par des traits pour plus de lisibilité avec la norme suivante : l’étape fin est toujours représentée plus à droite que l’étape début, puisque le temps s’écoule toujours de la gauche du graphique vers la droite.

Certaines tâches peuvent être parallélisées et d’autres sont dépendantes de tâches qui doivent les précéder.

Le schéma ci-dessous illustre bien ceci :

schema-reseau-pert-1

En effet, nous avons dans ce schéma trois étapes E1, E2 et E3. Nous avons aussi trois tâches A, B et C. La tâche B succède à la tâche A et ne peut être commencée avant que la tâche A soit terminée. B est donc dépendante de A. En revanche, le tâche C peut être réalisée en même temps que le tâches A et B, en parallèle. Une fois les tâches A, B et C réalisées, on arrive à l’étape 3 du projet.

Toutefois, la liaison des tâches et des étapes ne suffit pas toujours pour exprimer toutes les contraintes possibles.

On introduit alors la notion de tâche fictive. La tâche fictive a pour objet de matérialiser une contrainte. Elle ne requiert aucun moyen et a une durée nulle.

La tâche fictive est représentée sous la forme d’un trait en tirets pour lequel on a maintenu l’extrémité fléchée qui oriente l’arc de son étape début vers son étape fin.  Ci-dessous, la tâche B succède à la tâche A et la tâche C succède à la tâche A. La tâche B succède à la tâche D. Mais la tâche C ne succède pas à la tâche D. Le schéma ci-dessous illustre bien les dépendances et la contrainte que je viens d’énoncer :

 

tache-fictive-PERT

 

Remarque : les étapes et les tâches réelles et fictives sont suffisantes pour représenter graphiquement toutes les configurations possibles de planning. Mais ce n’est pas fini, il faut ensuite évaluer les durées de chaque tâche.

La représentation graphique des durées sur le réseau PERT

Il faut estimer la durée de chaque tâche du réseau PERT sauf pour les tâches fictives car comme on l’a vu, la durée des tâches fictives est nulle. L’unité de temps à utiliser est toujours en durée ouvrée et surtout pas calendaire. Car seuls les jours où les ressources travaillent doivent être pris en compte, à moins que votre projet soit sensible et stratégique au point de justifier de faire travailler votre équipe projet le week-end.

Comme nous l’avons vu, le cercle représente une étape du projet. Le cercle est scindé en trois parties : en bas se trouve l’identification de l’étape et en haut à gauche la date au plus tôt et en haut à droite la date au plus tard.

Le zoom sur la représentation schématique d’une étape du réseau PERT donne ceci :

etape-PERT

Sur les flèches représentant les tâches entre 2 étapes, on doit aussi indiquer la durée de la tâche. On peut aussi trouver à la place de la date au plus tôt et de la date au plus tard le délai au plus tôt et le délai au plus tard en jours ouvrés, ce qui donne ceci :

PERT-etapes-delais

Voici un exemple de représentation graphique de PERT dans laquelle on a tout sauf l’identification des étapes :

exemple de PERT

Dans cet exemple de PERT, il n’y a pas de tâche fictive non plus.

L’utilisation de PERT dans votre gestion de projet

Et vous, que pensez-vous de la méthode PERT? Préférez-vous PERT ou le diagramme de GANTT, pourquoi? N’hésitez pas à laisser votre commentaire.

Auteur : Claire Cornic

Copyright des schémas PERT : Claire Cornic

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Comments (8)

  1. lazhar 2 novembre 2012
  2. Michel Estève 9 décembre 2012
  3. Claire 11 décembre 2012
  4. Jean-Yves Moine 11 décembre 2012
  5. JOSELYNE 7 avril 2013
  6. Godelu 3 décembre 2014
  7. Pollux 4 février 2015

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