Évolution des principes du PMBOK 8 : les 6 nouveaux principes du management de projet

Depuis sa sortie en novembre 2025, les changements du PMBOK8 sont toujours un sujet de discussion entre les professionnels du management de projet. 

Les professionnels désirant se certifier ne sont pas les seuls à se poser ces questions. Même les certifiés, les passionnés, les formateurs et les coachs sont très concernés par ces changements.

Nous allons voir le troisième grand changement apporté au PMBOK parmi les quatre changements notables, à savoir :

  • L’évolution de certains concepts clés
  • L’évolution des domaines de performance
  • L’évolution des principes de management de projet
  • L’évolution des groupes de processus en « domaines d’intérêt 
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Évolution des principes de management de projet

Après leur introduction dans le PMBOK7, les principes de management de projet ont évolué d’une manière très remarquable dans la 8ème version. 

Ne serait-ce que leur nombre qui a été réduit de douze à six.

Rappelons que les principes de management de projet sont des lignes directrices qui orientent la stratégie et la prise de décision dans les projets

Néanmoins, ils ne sont pas des lois obligatoires et ne jouent pas un rôle normatif. 

Les principes sur les deux dernières versions du PMBOK restent volontairement larges et assez flexibles pour permettre une adaptation aux différents contextes de projet. 

1) Les 12 principes du PMBOK7 : rappel des fondamentaux

Rappelons brièvement les 12 principes du PMBOK7 qui ont été introduits pour la première fois par le PMI :

  • Être un responsable diligent, respectueux et bienveillant
  • Créer un environnement collaboratif pour l’équipe
  • Impliquer les parties prenantes de manière efficace
  • Se concentrer sur la valeur
  • Reconnaître, évaluer et répondre aux interactions du système
  • Manifester des comportements de leader
  • Adapter en fonction du contexte
  • Garantir la qualité dans les processus et les livrables
  • Se frayer un chemin dans la complexité
  • Optimiser les réponses aux risques
  • Adopter l’adaptabilité et la résilience
  • Favoriser le changement pour atteindre l’état futur envisagé

Dans le PMBOK8 ces douze principes ont été simplifiés et réduits à seulement six principes.

Cette simplification est le fruit d’une collaboration de la communauté mondiale du PMI qui compte des millions de professionnels de management de projet.

Tout de même, cette réduction conserve l’essence des fondements du management de projet tout en facilitant la compréhension et surtout l’application de ces principes qui ont été jugés trop vagues sur la 7ème version. 

Cette consolidation vient aussi limiter les chevauchements et les redondances entre les principes afin de les rendre plus clairs et structurés.

2) Les 6 nouveaux principes du PMBOK8

Les principes du PMBOK8 ont le même objectif que ceux du PMBOK7

Ils permettent d’aligner les valeurs professionnelles et organisationnelles avec l’éthique afin de générer des résultats durables.

Voyons en détail les six nouveaux principes de management de projet introduits par le PMBOK8 :

2.1) La vue holistique dans le PMBOK 8 

Ce premier principe consiste à considérer le projet comme un système global comprenant tous les composants et leurs interdépendances afin de mieux comprendre son fonctionnement. 

Ce principe s’appuie sur la pensée systémique qui élucide les relations complexes entre les différents éléments du projet. 

Cette démarche permet d’identifier les schémas d’ensemble plutôt que de traiter chaque élément isolément.

Avoir une vue holistique permet au chef de projet de remonter aux causes originelles des problèmes rencontrés. Cela lui facilite leur résolution plus efficacement et d’une manière durable.

La vue holistique favorise une compréhension approfondie du contexte du projet et encourage l’équipe projet à opter pour des solutions plus complètes et intégrant la totalité des paramètres du projet.

Disposer d’une vue holistique dépasse le projet pour transformer le management de projet en une approche intégrée et cohérente au niveau de l’organisation. 

Elle permet d’aligner les actions du projet avec les objectifs stratégiques de l’organisation réalisatrice.

Ce principe aide aussi à améliorer la prise de décision en intégrant différentes perspectives de l’écosystème du projet. Ce qui permet de produire des résultats plus cohérents et plus durables.

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, voici ce que ce principe permet en matière de :

  • Gouvernance : favoriser la transparence des décisions prises en se basant sur des données fiables et avec une vision globale ;
  • Périmètre : limiter les dérives tout en favorisant des solutions plus simples et efficaces ;
  • Échéancier : prendre en considération les interdépendances des activités afin de donner des délais plus réalistes tout en se basant sur les changements des scénarios ;
  • Finances : optimiser les allocations budgétaires et anticiper les impacts financiers afin de maximiser le retour sur investissement ;
  • Parties prenantes : renforcer l’implication et la participation des parties prenantes ;
  • Ressources : optimiser l’utilisation des ressources afin de maximiser la valeur générée ;
  • Risque : améliorer l’identification et la compréhension des interdépendances afin de mieux gérer les risques.

Enfin, il est à noter que ce principe est la fusion des deux anciens principes : « Se frayer un chemin dans la complexité » et « Reconnaître, évaluer et répondre aux interactions du système ».

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2.2) La valeur comme axe prioritaire 

Ce deuxième principe vient rappeler que la valeur est l’indicateur principal de la réussite des projets. 

Cette réussite correspond aux bénéfices nets obtenus par les parties prenantes par excédent sur les investissements réalisés initialement.

La valeur évoquée par ce principe englobe les livrables et les résultats du projet. 

Elle est maximisée par son alignement permanent avec la stratégie organisationnelle et le business-case.

Ce principe rappelle que les résultats du projet doivent être évalués en permanence à travers des contrôles, des retours d’expérience et des revues pour s’assurer de leur alignement avec les objectifs du projet. 

Ces contrôles corrigent tout désalignement pouvant impacter négativement la valeur générée.

La priorité mise sur la valeur favorise une réduction continue du gaspillage et une optimisation des ressources utilisées

Cette approche dépasse le cadre du projet pour toucher les programmes et les portefeuilles.

Ce principe rappelle aussi que la valeur du projet ne serait atteignable que lorsque l’équipe se concentre plus sur les résultats attendus plutôt que sur uniquement et exclusivement les livrables.

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, ce principe permet de :

  • Gouvernance : structurer les processus de décisions autour des objectifs liés à la valeur générée ;
  • Périmètre : concentrer les efforts sur les activités contribuant réellement à la valeur attendue ;
  • Échéancier : favoriser une gestion efficiente du temps pour livrer la valeur au moment attendu, voire plus tôt que l’attendu ;
  • Finances : optimiser l’allocation des ressources et suivre en permanence leur rentabilité ;
  • Parties prenantes : améliorer la compréhension des besoins des parties prenantes afin d’augmenter leur satisfaction ;
  • Ressources : optimiser l’utilisation des ressources disponibles en améliorant les solutions d’arbitrage ;
  • Risque : favoriser des réponses pragmatiques aux risques orientées vers la création de la valeur.

Enfin, il est à noter que ce principe est la fusion des quatre anciens principes : 

  • « Impliquer les parties prenantes de manière efficace », 
  • « Se concentrer sur la valeur », 
  • « Adopter l’adaptabilité et la résilience » 
  • et « Favoriser le changement pour atteindre l’état futur envisagé ».

2.3) L’intégration de la qualité dans les processus et les livrables du projet

Ce troisième principe est une version affinée de l’ancien principe « Garantir la qualité dans les processus et les livrables ». 

Il rappelle les mêmes concepts liés à la qualité, mais avec un dépassement du terrain de jeu traditionnel de la qualité qui n’est autre que le périmètre. 

Ce principe rappelle que la qualité peut aussi avoir un impact sur l’échéancier et les coûts, étant donné que la valeur est très sensible à ces deux dimensions.

Ce nouveau principe ajoute de nouvelles dimensions à la qualité. 

La satisfaction aux exigences ne suffit plus, l’efficacité et surtout la durabilité viennent s’ajouter comme deux dimensions pour évaluer l’expérience utilisateur. 

Tout cela contribue globalement aux dimensions économiques, sociales et environnementales (ce qui rappelle les 3P de la durabilité : Prospérité, Personnes et Planète).

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, ce principe permet de :

  • Gouvernance : renforcer la gouvernance et la prise de décision orientées vers le respect des standards de qualité ;
  • Périmètre : garantir des livrables respectant les exigences et les niveaux de qualité attendus ;
  • Échéancier : intégrer les activités de contrôle qualité de manière cohérente dans l’activité globale du projet ;
  • Finances : limiter les rebuts, défauts et retours afin d’améliorer la performance financière globale du projet ;
  • Parties prenantes : améliorer la satisfaction en alignant les livrables avec les attentes des parties prenantes ;
  • Ressources : utiliser efficacement des outils qualifiés et adaptés pour atteindre la qualité souhaitée ;
  • Risque : anticiper les problèmes de qualité afin de réduire les défauts et les non-conformités.

2.4) Le rôle du leader redevable en management de projet

Ce principe s’adresse aux rôles de leadership dans le projet, en particulier celui du chef de projet. 

Le leadership redevable consiste à assumer toute la responsabilité des décisions et des actions entreprises. 

Cette redevabilité est bien sûr toujours affectée par la complexité du contexte et l’influence des parties prenantes.

Le leader exprime sa redevabilité à travers une attitude constituée de plusieurs caractéristiques, notamment : 

  • Intégrité, honnêteté et équité : le leader doit agir dans le cadre de principes moraux solides et justes afin de renforcer la confiance des parties prenantes dans le projet ;
  • Conscience de soi : le leader doit connaître et comprendre ses forces, faiblesses, motivations et limites afin de s’adapter au contexte et contraintes du projet ;
  • Respect, humilité et disponibilité : le leader doit écouter activement, soutenir l’équipe et respecter les différentes parties prenantes ;
  • Flexibilité et adaptabilité : le leader adapte son style de management selon les évolutions du contexte du projet tout en restant aligné aux principes moraux ;
  • Leadership partagé : le leader partage son leadership avec l’équipe pour favoriser leur engagement collectif envers les décisions du projet. 

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, ce principe permet de :

  • Gouvernance : renforcer la confiance dans les décisions du projet en gardant une ligne de conduite éthique ;
  • Périmètre : assurer un arbitrage juste et équitable pendant les désaccords liés au périmètre ;
  • Échéancier : chercher un accord durable concernant les questions liées aux délais des différentes activités du projet ;
  • Finances : mieux gérer les pressions budgétaires sur les coûts et les réserves en assumant les décisions financières prises par le projet ;
  • Parties prenantes : influencer les parties prenantes en les incitant à s’impliquer plus dans le projet à travers une redevabilité effective du leadership ;
  • Ressources : gérer les ressources avec intégrité et favoriser la positivité des relations avec les compétences du projet ;
  • Risque : protéger la valeur générée par le projet en adaptant les décisions face aux risques identifiés par le projet.

Enfin, il est à noter que ce principe est la fusion des deux anciens principes : « Être un responsable diligent, respectueux et bienveillant » et « Manifester des comportements de leader ».

2.5) L’intégration de la durabilité dans tous les domaines du projet

La durabilité est l’invité remarquable de cette 8ème version du PMBOK. Elle n’a pas été traitée de manière détaillée et approfondie dans les versions précédentes. 

Ce principe est dédié à cette notion qui fait appel à tout un champ de nouveaux concepts (par rapport au contenu traditionnel du PMI).

Ce principe vise à répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. 

Il intègre notamment des pratiques responsables dans, absolument, toutes les dimensions du management de projet.

Ce principe adopte la durabilité dans la globalité de ses dimensions à savoir les impacts environnementaux, sociaux et financiers afin de limiter les effets négatifs et d’améliorer les effets positifs des projets.

Pour la première fois le PMBOK traite directement des enjeux globaux tels que le changement climatique, la biodiversité et les inégalités sociales. 

À travers ce principe, le PMBOK8 encourage des pratiques innovantes et durables génératrices de valeur à long terme.

Ce principe évoque aussi certaines difficultés liées à l’adoption de la durabilité dans les projets à savoir : 

  • l’augmentation de la complexité des projets, 
  • le déséquilibre entre les dimensions économiques, sociales et environnementales 
  • et enfin l’absence de critères universels pour l’évaluation des résultats de la durabilité.

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, ce principe permet de :

  • Gouvernance : intégrer les objectifs de durabilité dans la prise de décision touchant les différents aspects du projet ;
  • Périmètre : inclure les exigences de durabilité dans la conception du projet pour garantir des livrables durables à long terme ;
  • Échéancier : tenir compte des impacts environnementaux dans l’élaboration des échéanciers afin de réduire les impacts négatifs du projet ;
  • Finances : prendre en compte les surplus de coûts dus à l’intégration de la durabilité et favoriser des économies à long terme ;
  • Parties prenantes : aligner les parties prenantes autour des objectifs de durabilité à travers les activités du projet ;
  • Ressources : gérer les ressources d’une manière responsable pour minimiser les impacts environnementaux et sociaux ;
  • Risque : réduire les risques environnementaux et sociaux souvent invisibles dans les registres de risques des projets traditionnels.

2.6) La création d’une culture de l’autonomisation

Ce dernier principe appelle à donner plus d’autonomie aux équipes en favorisant la confiance mutuelle entre les membres de l’équipe projet et les différentes parties prenantes. 

Une culture d’autonomisation nécessite une compréhension claire des rôles et responsabilités, des processus et des accords pour éliminer les ambiguïtés et faciliter la coordination.

Ce principe appelle aussi à plus de synergies entre les parties et pousse vers plus d’ouverture dans les processus du projet.

Cela signifie en quelque sorte plus d’agilité dans les processus et pratiques du projet.

Pourtant cette autonomisation n’est possible qu’à travers : 

  • plus de diversité, 
  • une définition claire des processus, 
  • des compétences interpersonnelles accrues
  • une structure organisationnelle ouverte et 
  • des accords d’équipe clairs et agiles.

Quant à son impact sur les différents aspects du projet, ce principe permet de :

  • Gouvernance : améliorer l’alignement avec la direction grâce à une communication transparente et ouverte ;
  • Périmètre : permettre des ajustements rapides selon les changements du contexte et les besoins des parties prenantes ;
  • Échéancier : ajuster le rythme de travail et des livraisons grâce à des équipes plus autonomes 
  • Finances : mieux maîtriser les coûts en limitant les pertes dues aux pratiques de gouvernance rigides ;
  • Parties prenantes : renforcer l’implication des parties prenantes en améliorant leur niveau d’implication dans le projet ;
  • Ressources : optimiser l’utilisation des ressources en développant une culture d’apprentissage continu ;
  • Risque : impliquer les équipes dans la définition des seuils de risque afin d’améliorer la gestion des activités risquées.
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Tableau récapitulatif des principes de management de projet

Voici un tableau comparatif des principes de management de projet entre le PMBOK 8 et le PMBOK 7 :

PMBOK 7

PMBOK 8

12 principes de management de projet

6 principes simplifiés et consolidés

Principes jugés parfois vagues et redondants

Principes plus clairs, structurés et applicables

Accent sur l’adaptabilité et les interactions du système

Accent sur la vision holistique et l’intégration globale

Focus sur la valeur parmi plusieurs principes

La valeur devient l’axe central du management de projet

Qualité centrée principalement sur les processus et livrables

Qualité intégrée à la valeur, la durabilité et l’expérience utilisateur

Leadership basé sur la bienveillance et les comportements du leader

Leadership redevable fondé sur l’éthique, l’intégrité et la responsabilité

La durabilité peu développée

La durabilité devient un principe central

Collaboration et adaptabilité mises en avant

Autonomisation des équipes et culture de confiance renforcées

Gestion de la complexité traitée séparément

Approche systémique et holistique intégrée

Approche plus conceptuelle

Approche plus pragmatique et orientée terrain

Conclusion 

L’évolution des principes de management de projet entre le PMBOK7 et le PMBOK8 est une refonte globale de ces principes. 

Ce n’est pas simplement leur nombre qui a baissé, mais toute la philosophie derrière a changé de paradigme. 

Ils sont plus orientés vers la praticité et reflètent la vision de la communauté du PMI à travers le monde.

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Mehdi ELGUARNI

A propos de l'auteur

Fondateur d’OWLIRIS, cabinet de formation en Management de projet. Il est diplômé de l’ENSAM et de l’ENPC.
Il est coauteur de l'ouvrage Repenser le management de projet chez les éditions AFNOR et formateur en management de projet.
Fort de plus de 10 ans d'expérience terrain, il a travaillé dans les secteurs de la chimie lourde et de l'énergie.
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