Les 4 stratégies de gestion des risques projet

Gestion des risques projet

Voulez vous maîtriser la gestion des risques projet ?

Les risques sont une propriété intrinsèque de la vie d’un projet. D’ailleurs, le plus grand risque de projet pourrait résider dans la pensée que le projet est un long fleuve tranquille.

Toutefois, la réalité des projets nous oblige à penser autrement et à ne pas prendre la gestion des risques projet à la légère.

En effet, l’un des facteurs clés de réussite de projet est de considérer les risques le plus tôt possible, puis d’assurer la gestion des risques tout au long du cycle de vie du projet.  

Dans cet article, je vais vous présenter le concept et les processus de gestion des risques de projet, les stratégies de traitement des risques, avant de clôturer avec une comparaison pratique entre les risques et les problèmes.

Je vais également vous donner tout au long de cet article des exemples de gestion des risques.

A la fin, je vous proposerai un modèle Excel de registre des risques et des problèmes que vous pouvez adapter à vos projets.

Alors comment gérer les risques projet ?

Les 6 processus de gestion des risques projet

Tout d’abord, qu’est ce qu’un risque projet ?

Un risque est un événement ou une condition possible dont la concrétisation aurait un impact négatif sur les objectifs du projet.

Le management des risques de projet se décline en six processus, tout au long du cycle de vie de projet.

Pour vous rafraîchir la mémoire sur le cycle de vie d’un projet : Les 4 phases de gestion de projet par la pratique : Étude de cas

1. Planification de la gestion des risques dans un projet

Ce processus consiste à déterminer l’approche préconisée pour la gestion des risques projet à chaque phase du projet, définir les rôles et les responsabilités des parties prenantes, planifier les communications.

Par la suite, il veille à l’intégration des risques dans les coûts et les délais et à détailler le plan d’action pour chacun des processus.

2. Identification des risques

Identifier tous les risques qui pourraient avoir un impact sur le projet et documenter leurs caractéristiques.

Une caractéristique intéressante à fournir à cette étape est la réponse potentielle au risque identifié. Cette information est utile pour les autres processus.

Pour une meilleure compréhension des différentes catégories des risques potentiels qui pourraient impacter votre projet, je vous recommande la lecture de l’article Analyser les risques de votre projet

3. Analyse qualitative des risques

Évaluer la sévérité potentielle de chaque risque sur l’atteinte des objectifs du projet, puis déterminer un ordre de priorité pour l’analyse approfondie et les actions ultérieures.

Veuillez-vous référer à l’article Matrice de gestion des risques  

4. Analyse quantitative des risques

Quantifier les impacts des risques sur l’atteinte des objectifs du projet et mettre à jour le registre des risques.

Le registre des risques est l’un des plus importants livrables de la gestion des risques projet. Ce document détaille tous les risques identifiés et contient les résultats de l’ensemble des processus de gestion des risques.

Vous trouverez un modèle de registre des risques à la fin de cet article.

5. Planification des réponses aux risques

Élaborer les stratégies de réponses aux risques pour éliminer les effets des menaces en réduisant la probabilité de matérialisation des risques, l’ampleur de leur impact, ou encore les deux.

6. Surveillance et maîtrise des risques

Mettre en œuvre les plans de réponses aux risques, surveiller les risques et mettre à jour le registre des risques, surveiller les risques résiduels et identifier les nouveaux risques.

Les résultats des réponses aux risques sont évalués et des ajustements sont apportés au besoin.

La maîtrise des risques consiste en une prise de décision éclairée, opportune et efficace concernant les conditions du projet, les éléments déclencheurs, les plans de réponse aux risques et l’utilisation des provisions.

On procède à l’analyse du résultat des activités de suivi et des rapports qui en découlent pour chacun des risques, de façon à déterminer les actions à prendre pour chaque risque, soit :

  • Nouvelle planification: lorsque l’évolution des risques demande que les mesures de réponses aux risques soient modifiées.

    Mise en veille: lorsque le degré d’exposition au risque a diminué à un seuil acceptable.  

    Clôture du risque: lorsque le risque n’est plus pertinent car il référait à une phase terminée du projet.

    Élaboration d’un plan de réponses: lorsque le risque n’était pas identifié initialement ou suffisamment important.

    Révision du plan de réponses: lorsqu’il s’avère que les mesures prévues initialement pourraient ne pas être pertinentes.

    Réalisation d’analyses plus poussées : lorsqu’il est nécessaire de repousser la prise de décision jusqu’à ce que de plus amples renseignements soit disponibles.

    Suivi normal : lorsqu’aucune action spécifique n’est requise autre que de continuer les activités de suivi des risques.

Attention : Si le risque a dégénéré en problème, la clôture du risque pourra également être effectuée si les mesures prévues à cet effet font partie d’un processus de gestion des problèmes distinct de celui des risques

La fermeture d’un dossier de risque devrait s’accompagner d’une documentation sur la raison de l’échec ou de la réussite du plan de gestion des risques, les liens entre ce risque et les autres risques associés au projet et les données d’analyse pertinentes.

La mise à jour du registre des risques avec les recommandations pertinentes aux situations qui y sont décrites, en tenant compte de l’expérience acquise au cours du projet, constituera une aide très utile pour les autres projets.

Gestion des risques projet : 4 stratégies de traitement

Je vous propose ci-après les 4 stratégies à prendre en considération dans la gestion des risques projet.

1) Éliminer les risques

Souvent les risques identifiés sont dus à une méconnaissance de la situation. On peut donc parfois réussir à les éliminer par une investigation plus approfondie.

Par exemple, pour un projet d’infrastructure routière, une étude des sols pour identifier si oui ou non le risque de contamination existe. Cela peut orienter les choix de réalisation du projet.

Attention : La première stratégie à considérer est l’élimination du risque. Toutefois, il est impossible d’éliminer tous les risques. C’est pourquoi il faut envisager d’autres stratégies.

2) Transférer les risques

Il est possible de transférer les impacts négatifs des risques et leur responsabilité à un tiers. Toutefois, le transfert des risques n’élimine pas le risque.

Par exemple, le choix de se faire accompagner par une AMOA s’avère efficace pour la réalisation des projets de BTP ou des systèmes d’information.

3) Atténuer les risques

La troisième stratégie de gestion des risques projet consiste à mettre en place d’un plan d’action pour mitiger ledit risque.

Le plan d’action peut porter sur la réduction de la probabilité d’occurrence de ce risque, de son impact sur les objectifs du projet ou sur les deux à la fois.

Afin d’obtenir une estimation juste de la valeur des risques, il convient de tenir compte de tous les efforts qui seront déployés par l’équipe de projet afin de diminuer l’exposition au risque pour le projet.

4) Accepter les risques

Cette stratégie de gestion des risques est adoptée parce qu’on peut rarement éliminer toutes les menaces du projet. Cette stratégie peut être passive ou active.

  • L’acceptation passive laisse à l’équipe de projet le soin de faire face au risque lorsqu’il se présente.
  • La stratégie d’acceptation active la plus répandue est de constituer une provision. Les coûts et les délais qui sont accordés pour faire face aux risques acceptés constituent les contingences du projet.

Si vous êtes intéressé par plus de détail sur la contingence et la réserve budgétaire pour gérer les risques projet, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire.  

De la gestion des risques du projet à celle des problèmes

Sur la base de mon expérience en gestion de projet et de programme, j’avoue qu’il existe de nombreux chefs de projet qui ne comprennent pas la différence entre les risques et les problèmes.

Un tel cas pourrait avoir un impact important sur le projet, car les réponses aux risques et aux problèmes diffèrent.

Quelle est la différence entre risque et problème ?

Je vous liste ci-après, les principales différences entre les deux concepts et les meilleurs pratiques pour une meilleure gestion des problèmes.

La principale différence est qu’un problème est un événement qui s’est déjà matérialisé. Or, un risque est un événement potentiel qui pourrait, ou ne pas, se produire dans le futur.

En effet, nous planifions à l’avance les plans d’atténuation des risques. Pour tous les problèmes, nous devons agir immédiatement pour les résoudre.

Par conséquent, le management des risques projet fait partie du champ du préventif, tandis que la gestion des problème relève du champ du curatif.

Je rajouterai aussi que les autres différences sont liées au timing et à la probabilité. En raison de ces deux différences :

  • Le langage utilisé pour décrire les risques probables est au futur
  • Pour les problèmes, le langage utilisé est au présent.

D’un point de vue pratique, les problèmes sont enregistrés séparément dans le registre des problèmes tandis que les risques sont identifiés et suivis dans le registre des risques.

Tous les problèmes, soient identifiés initialement comme risques ou non, sont traités de la même façon. Pourtant, je recommande de garder une trace des risques qui se sont matérialisés dans le registre des risques, et par la suite procéder à la documentation des leçons apprises.

Pour les problèmes, vous avez besoin d’un plan d’action dont les actions sont répertoriées en priorité.

Par exemple, la démission d’un membre de l’équipe de projet est un problème. C’est un problème, car l’événement s’est déjà produit.

Par conséquent, la liste des actions à entreprendre pourrait inclure:

  • Le recrutement rapide d’une personne,
  • Le recrutement d’un free-lancer,
  • Le report du projet,
  • Ou l’externalisation de certaines activités du projet.

Ces actions sont discutées et une action est lancée immédiatement.

Attention : Les problèmes doivent être discutés presque tous les jours. Le registre des risques quant à lui, est examiné périodiquement, une fois par semaine ou moins fréquemment lors des réunions d’examen de l’état des risques.

Modèle de registre des risques et registre des problèmes

Afin de vous rendre la tâche facile, nous vous proposons ce modèle de registre des risques ainsi que ce modèle de registre des problèmes que vous pouvez utiliser pour gérer les risques de vos projets.

Modèle de registre des risques et des problèmes

Conclusion

Enfin, j’insiste sur le fait que n’importe quel projet est loin d’être un long fleuve tranquille et que zéro risque n’existe pas. Alors, il est fort probable que votre projet ne se réalise pas selon les prévisions initiales.

L’objectif de cet article était de sensibiliser et d’outiller l’ensemble des parties prenantes pour assurer une meilleure gestion des risques projet.

Cette gestion des risques s’articule, à la fois, sur une approche proactive pour la mitigation des risques et aussi réactive pour faire face aux problèmes.

Comme d’habitude et avant de conclure cet article, je vous lance l’appel pour nous faire part de vos commentaires, questions, remarques ou partage de leçons apprises par vos expériences

La parole est à vous 😊

Merci pour la lecture

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Comments (2)

  1. Hatem 28 mai 2020
    • Med.Amellah 28 mai 2020

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